A.Giovani Da Punt./dos

Précisément j’étais en retard. Nous avions pris rendez-vous à la terrasse d’un café – pas loin de l’angle que fait la rue de Rivoli avec la rue … Voilà que j’en oublie également le nom. Peu importe. Quelque part en terrasse avec ces mêmes fauteuils cannés – ces mêmes tables rondes – le store à bandes bicolores blanches et vertes – ce jour – là opportunément baissé, mais pour faire rempart à la pluie têtue et froide qui pianotait ses petits geysers inopinés sur la chaussée. Il était assis-là. Je l’ai reconnu sans pourtant l’avoir jamais vu – à cette manière d’indifférence étrange et tranquille dont mon amie s’était fait l’écho lors de ses nombreuses et passionnées descriptions. Outre sa maigreur vertigineuse – son visage hâve encadré de cheveux foncés, raides et désordonnés – apparemment délivrés de toute empreinte de peigne depuis fort longtemps – des yeux très bleus enfoncés profonds comme sous la pression de deux pouces – un léger voile de barbe – elle finissait toujours par conclure sur son « air d’absence paisible » proprement indéfinissable. Il était assis sous l’un de ces braseros destinés à prolonger la fréquentation des terrasses quand arrive la moins bonne saison. Un court instant – sur ce visage aérien flottant distraitement dans le gris du jour – tel un reflet lointain dans les miroirs anciens – j’ai vu rougeoyer les feux de l’enfer – c’est venu comme une évidence – tandis qu’il pinçait paisiblement entre le pouce et l’index de sa fine main droite la tige élancée d’un verre de vin blanc, le calice délicatement ciselé de gouttelettes subtiles. Il le faisait lentement tourner entre ses doigts, engendrant le bercement d’une succession d’allers – retours incessants, parfaitement inconscient de leur hypnotique et aléatoire saturation. On eut dit qu’associés à ce mouvement les éclats de lumière funambules au buvant et à la cheminée du verre réalisaient une primitive transe irrémédiablement figée aux accrocs invisibles d’une cristalline paroi pariétale…

Atelier d’écriture F.Bon / Personnages / été 2017 (Tiers Livre)

 

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photo F.Durif

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Article mis en avant

Chantierencourt – Bref (en quelque sorte).

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photo Françoise Durif

 

Un jour je dis: je vends ces bouquins bien domestiqués à l’appel sur les étagères – comme on pense vaguement je change (de) tout – me sens l’envie d’autres – de nouveaux, une autre peau. Revient alors cette histoire fabuleuse d’un type qui aurait laissé troqué vendu  sa vie : …teau sa gamelle sa poussière ses habits sa bagnole sa maison son travail son pays sa femme son chien ses amis son pain ses mots son cou… ! – tu crois que c’est possible ? (Tu t’imagines que c’est pas dans l’ordre des choses, hein, tu crois ça ?) – tu t’interroges: oh, mais qu’est ce qu’ils ont dit les autres ? – et de quel droit tu bien-penses de leur place ? – quelle idée foldingue ce scénario: changer de vie,  repartir à zéro tout chambouler bousculer chavirer rock and roll mon ami, rock and roll et surtout roll roll roll

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photo Françoise Durif

 

Après – coup (pour Stewen !)

 

à l’heure de la dernière transhumance borrachito personne pour nous guider prendre par la main assurer notre pas – nos rêves d’images mescalito ou le grand blanc de nous hommes de la pampa d’ici-bas ! – les têtes billard rugissantes et leur désordre de petites planètes agitées en bulles au barillet de l’explosion ! – terminerons fuzzy buzzy bollocks en grandes myriades d’atomes foutraques et décrochus et tant pis tant mieux comme ça – finirons gerbe terminale en petits millions de millions d’astéroïdes vulcanoïdes rouges bleus et brouillons

parfois foireux parfois fameux toujours fumeux au néant des éons

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là-bas

Depuis d’où t’en viens que reste-t-il

combien

quel poids

quelles odeurs

quelles couleurs

quelles musiques

vibrations lentes

quels échos

quels ondoiements

quelles archives inédites de ton corps

en flèches et sources et grottes

failles muettes

multiples obscures tièdes

inouïes secrètes infinies

combien

de frictions de frissons de fissions

écorchées de toute fiction

 

Combien – comment – jusqu’où

quels commencements

ta chair d’humain ?

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Méandres et chuchotis

Un jour un si lointain beau jour ou éventuellement un pauvre petit jour corseté de résille ou bien un jour bulle de reflets diffractés au pilon continu du battant – les pas déposés en traces en raclures en poussière en oubli en méconnaissance infinie sur les planchers – carreaux – bitume – goudron – terre – boue – heures vagues – peut-être un jour d’incertitude et de pointillés, ce jour là quelques jeunes femmes firent leur affaire d’un rêve que je leur avais décrit.

Plutôt les décombres qui encore affleuraient. Je leur en avais tendu inquiet la verroterie ternie, des cailloux d’images fossiles extirpés de ruines disloquées et défigurées. Je les trouvai alors réunies chuchotant d’abondance comme pour tramer un interminable tissu. Elles décidèrent seules leurs regards fixes enchâssés comme statues de pierre dans les niches aux portes des églises – seules de se tenir face à face – raides et nouées comme un fagot de sarments enchevêtrés – seules de psalmodier une mélopée de sons inarticulés – seules la rumeur sourde de grognements et soupirs – seules leurs murmures chuintants comme les tentures lourdes du noir humide aux pierres des mêmes églises ; et ça s’entassait en couches folles et entrecroisées – une nuée d’insectes fébriles et obstinés frotteurs d’élytres opaques – un chœur grave de tragédie antique – un bouquet de pleureuses en mains torves et larmes pâles dévidées de chutes en chutes. De la glace et son cœur de brasier. J’entendais je voyais ce lambeau envolé du songe de ma nuit d’avant – j’en palpais le mirage imprécis et tremblant – j’absorbais des yeux des oreilles de la peau ces rivages confus exilés de ma tête avec toutes ses mères d’enfants crasseux – vives et mortes – leurs silhouettes de sentinelles de portail d’école – abstraites et sévères – devant moi exhumées – mon dedans d’inconnu éventré comme un château de cubes approximatifs et bariolés – ci-devant dispersés à coups de pieds rageurs et précis.

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Transports

Elle qui, ce petit tas de larmes impossible boursouflé violacé (son bébé ils écrivent qualifiant cette inconsolable chair qui la dévore la déchiquète à petits feux jusqu’à fournaise et cœur marteau cognant le tube étroit du gosier – envie de vomir et soubresauts nauséeux de tant suffoquer – elle et lui ) – c’est noté, l’a posé enfermé dans le recoin sombre où elle ne l’entendra plus parce qu’enfin la porte il a bien fallu l’intercaler entre elle et les becs aigus des cris foreurs de tête – une fois de trop et d’encore – le carrelage froid du réduit, la porte son épais de silence, non pourtant pas complètement mais quand même déjà c’est un peu mieux, c’est cotonneux le repos qui repousse dans la tête quand les vrilles s’éloignent, comme ces feux loin dans la nuit – l’ambulance au-dedans toute blanche et brillante – déporte sa civière au milieu des tentures de noir avec les deux devant qui parlent doucement – des fois se taisent – ça fait des pointillés de voix une brume de n’importe quoi (comme on parlerait parfois en croyant les enfants endormis et puis tout ce qu’on dit on l’oublierait et d’autres cris peut-être viendraient ?) avec les anneaux blancs aux chevilles aux poignets des fois qu’elle s’envolerait qu’elle partirait en fumée folle ou qu’elle s’arracherait les cheveux – des pleines poignées de cheveux avec des lambeaux de peau avec des morceaux d’os et de crâne – ouvrir la boîte – laisser s’échapper les cris prisonniers qui tournent buttent l’étourdissent de leurs oiseaux noirs affolés ou alors des petites mains minutieuses et vives aux ongles aiguisés pour fouailler – dépecer – ou éventuellement une calotte de douleur au moins un peu en surface – mais peut-être si pas suffisant sauter serrer la gorge des deux qui maintenant se taisent engouffrent la nuit dans leurs yeux et conduisent la civière vers l’autre endroit mais s’attendre à quoi – parce qu’attaché là ceci est un corps dans la barque indifférente sur le fleuve rouleur de nuit

elle qui, (a entendu une voix nouvelle « on vous ouvre ») la grande claque d’air glacé sur le masque du visage c’est à dire dès que les portes, quand le noir ouvert pose doucement sa main (c’est bon enfin ce frais), fait sentir à nouveau les contours – et puis après c’est vite le long corridor sonore des pas – les barres rouges des battants claquant contre le mur – les deux de tout à l’heure maintenant séparés – l’un passé derrière, l’autre son dos sa nuque devant, en haut les lumières comme des lames de blanc cisaillent le bleu des yeux – a passé allongée sur le souple des roulettes – lui derrière, elle devant – des seuils à bruits de serrure – sans compter ni jamais savoir où – le dernier avant maintenant la pièce blafarde et vide – ses murs de carreaux froids comme des étoiles mortes – des lèvres grises au souffle d’éther – le brancard amarré au lit au centre du cube en géométrie rigoureuse et hygiénique – on lui ôte ses bandes de blanc aux poignets aux chevilles et là une vague soulève le corps jusqu’au lit et là grande économie de mots et là c’est lanières de bleu et là c’est soulevez le bassin s’il vous plaît disent les mains qui glissent la culotte noire sur les cuisses blanches et pleines et là c’est grande économie de mots

alors  dit « je suis arrivée à la morgue » alors dit « je crois que je ne vous fais pas confiance » aux silhouettes de blanc et de paroles rares dressées aux portes de sa peur

une fois d’encore et de trop

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6#du voyage

«  ce TGV comporte une voiture-bar…

nous rappelons que les accompagnants..

départ imminent merci de vous éloigner de la bordure…

dans les voitures. »

Derrière moi un bébé crie. Devant à droite une jeune fille longiligne, jeans en fuseaux infinis. Elle est venue s’asseoir par terre, le dos calé contre la paroi de plexiglas silhouettée d’une frise d’édifices lyonnais (Fourvière – Saint Jean… en ombres chinoises mauves – crépuscule évêque sur Lyon la très catholique) – non pas que la salle d’attente soit comble – simplement la fille est à l’âge où. Le bébé lacère inlassablement la brume de fond sonore. Elle rédige un texto, ses deux pouces mandibules grignotent le portable, les coudes plantés en étai triangulaire sur ses cuisses sauterelles d’assise en tailleur.

Sur le guichet mobile : « Accueil-Embarquement ». En tons de rouge et de gris séparés de bandes blanches. Tout s’égoutte

« Ta da da… le TER 887134 partira voie G »

depuis la pointe du stylo les mots n’ont plus le loisir de la phrase – tournent et retombent en vrac comme des feuilles roussies troussées de vent. Je ne sais plus si c’est de Liscano: l’envol des mots murmures d’étourneaux, les reflets vibrants d’écaille des mots poissons – ici le mouillé du bientôt soir ternissant pousse depuis autour tout comme d’en-dedans – entremêlé d’éclats changeants tristes et lumineux.

La fille au texto a changé. Une autre est venue occuper exactement la même place. Elle est plus trapue – un grand châle en patchwork de bleus et de bruns plus ou moins foncés recouvre ses épaules. Sur ses jambes étendues un livre de poche

« Ta da da… le TER 889931 en provenance de Bourg en Bresse est annoncé voie A… »

posé sur le pantalon moulant noir. Titre indiscernable. Elle aussi textote… elle aussi les mandibules …

En face de moi un homme la soixantaine fatiguée – l’éclairage blafard surplombant dépose une pelure grisâtre – une page de cahier brouillon griffonnée de rides – (et peut-être lui ? «  en face de moi un homme – la soixantaine ? fatigué ! – l’éclairage ? ») Il mastique un sandwich (de chez Paul ?) qui gonfle ses joues – le sac d’emballage marron – tenu serré dans la main droite bruisse comme quand gamin on file des coups de pied en marchant vite dans les tas de feuilles d’automne ébouriffés, mais là c’est en plus bref. (Attention dépêchez-vous – arrêtez donc de traîner ! – sous les feuilles il y a peut-être des serpents !) Mastication de papier froissé.

« Le TER 887337 à destination de St André le Gaz…

Etrange St André le Gaz !

La SNCF… bon voyage. »

Dans mon dos une succession de petits chocs – vibrations et cognements assourdis – vont en s’accélérant au fur et à mesure qu’en dessous le train s’arrache aux rails et gagne lentement en vitesse – des vagues de frais cisaillent la tiédeur de la salle d’attente à chaque ouverture des portes coulissantes donnant accès aux quais.

Les estompes de vies s’additionnent se côtoient se masquent et s’ignorent comme une armée de loques ed fosse raides et esseulées – à jamais accrochées aux limbes d’une salle des pendus.

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Billes en tête 3

L’impression que je garde de tout ça – il parlait sans jamais regarder en face – occupé à tyranniser les glaçons à petits coups secs de banderille – l’étroit bâtonnet plastique jaune vif plongeait tourbillonnait dans le bleu-brun mélancolique du mélange curaçao – liqueur d’orange – champagne et bulles – drôle de saloperie de cocktail qu’il a encore inventé je me disais – secouait bousculait le tout – accompagné d’un fantôme de voix – c’est que de toute façon elle avait tellement déjà tout bu et revomi de sa vie qu’elle avait plus qu’à s’en laisser crever de suite – assise là sur le rebord de la fenêtre, pieds nus dans l’herbe mouillée, à me raconter ça – momifiée presque dans ses longs cheveux gris filasse – le creux sombre à la place des joues et ses bras brindilles d’ecchymoses – elle m’assurait la femme qu’elle aurait pu être si elle avait… et si jamais mais que c’était pas encore trop tard et que maintenant qu’elle avait été conduite ici et bien cette fois-ci elle allait… – et miroitaient en suspension une myriade d’éclats vifs et fulgurants – fissiles et explosifs comme une nuée de regrets un murmure de mirage ou encore le soleil presque tiède et bientôt larmoyant dans les chandelles de glace pendues aux gouttières – va savoir – il disait remuant son maelstrom de reflets mauves – ça tintait aux parois glacées du grand verre à pied – un triste naufrage bulleux – un air de stroboscope d’après boîte de nuit quand la tête rassemble ses copeaux – et donc… ? – j’ai risqué comme il semblait à son tour s’enfoncer – remonter – divaguer – sombrer à nouveau dans son propre désastre – ben elle est morte quelques semaines après – rupture d’anévrisme – le cerveau raz-de-marée – inondé de toutes ses couleurs liquides fanées passées – perdues – on devrait pas se mêler des histoires des gens après elles te lâchent jamais – comme la photo d’un enfant allongé dans le capiton blanc sous ses fines paupières bleues.

 

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Concours de Noël de Stewen ! https://www.youtube.com/watch?v=uFaLpnrCzTY&feature=share

 

 

Billes en tête 1 (reste le 3)

putain oh les boules. entre du décalé rigolo du haut-hasardeux du sérieux perplexe du très sérieux métaphysique du mystérieux fantastique du très très mais déjà hors de toute préhension hein, même en bossant comme un arracheur de chiendent dieu de dieu ça résiste toujours à fond cette saloperie là…

– Excusez, mais…

la merde c’est quand tu comprends que c’est trop tard. raté le coche – le boulot d’importance respectable – les bons zamis – le monde mode d’emploi – comment c’est penser et vivre vraiment – et zbam te vlà recuit comme un bulot caoutchouteux – sais jamais tout à fait dans quoi tu mords ! – t’aimerais t’expliquer – savoir raconter les pour qui les pour quoi mais c’est de l’assaisonnement ou des reflux aigres – des on-dit mal pré…

– Ah pardon vraiment ! Je ne faisais pas assez attention parce que cette stupéfiante apparition cette tension calme et grêlée – ce bouillonnement tranquille – là sur le blanc du mur j’en suis…

tu sais pas ce qui faut dire – en vrai. première connerie. tu crois que quelque part quelqu’un : « le ton rose fuchsia général là – voyez c’est des reflets de chair – on est dans un réel mais voilé – distancié hygiénique – incarné-désincarné – le souffle infime d’une vie qui advient – quelque chose entre l’IRM moléculaire et une onde inaugurale révolutionnaire – une matrice pleine et féconde – la rotondité planétaire – bulleuse-bulbeuse qui sait ? – l’ivresse des profondeurs paléontologiques et physiologiques – champagne pour tout le monde. les Frères Infiniment : le grand et le petit. l’angoisse servie avec. comme les Bogdanov – font croire qu’ils sont pas complètement d’ici depuis leurs creux – bosses et emballages alu incendiaires. des zéros…

– Ah vous aussi ça…

xième erreur tu crois encore que quelqu’un quelque part sait pour de vrai – tout de go te vlà rapeti…

– Assurément … comment ne pas ? Trouver le ton si juste et puis la série là vous voyez – mais si – en diagonale – cette fulgurance rythmique de billes surgissant au garde à vous – incroyable roulement – une horlogerie cosmique ou alors c’est peut-être… nous ! – humbles et en somme courbés aussi devant cette glabre origine du monde – spectateurs-partenaires fugitifs et abasourdis du magmas corpusculaire interne – cellules – ovules – globules – la cathédrale utérine encore apparemment à sec mais pas loin tout juste j’ouïs l’humus profond d’échos vibrants – humides rares et satellisés – Padirac et ses poissons devenus aériens – translucides et dix-mille fois secrets. (Plic.)

– Oui je me disais aussi… Ça me troublait me déchirait me dévastait totalement mais vous parlez si bien de mes émotions que …

et donc toujours selon que j’ai bien répondu au défi et vu et dit le truc qui et le truc que… s’ensuit « oh génie enfin jailli des bulles roses » comme Aladin quand il a frotté sa magique lampe alors sûr ça c’est un fantasme originaire masturbatoire… cette éruption contenue jusqu’au lâcher de Woody Allen et sa compagnie de spermachutistes.

– GO GO GO !

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Billes en tête 2 (le 1 et 3 à suivre)

 

Moiteurs et boules de dégomme mes princesses mais monseigneur. La préface suit que vous allez lire et précède l’histoire déroulant ses aléatoires attractions. Vous la détournerez à votre déguise je le sais tant et plus car chacun délie et relie tout comme il peut – celle-là capitonne d’authentiques jouissures de bulles miniaturesques – éléphantesques ou crapuleuses dans la boîte à bijoux rose-péteuse que vous pourrez voir en illustration – où ? – ça dépendra.(1) En attendant preuves et indices glanés au hasard dans les bonds rebonds ronds précieux-feutrés-gondolés (comme les tronches ébréchées dans les décorations du conifère terrien sur crèche):

« Salud amigo mio  – regarde le ce fils de… perdu du Consul lui aussi la rue est venue à sa rencontre – il décroche à son tour le mescalito rigolard lancé par le longiligne basané qui l’enjambe et pose son ombre étroite et raide sur sa gueule fripée de parchemin. Il sue des boules de boules de boules et même un curieux – au milieu du front lui pousse un curieux – bubon de sornette. En giclées d’éclats octogonaux blancs la rue poudrière est venue pleine face dans sa gueule de borracho lui répéter : tu t’es fait comme papa éjecter de la cantina à coups de pieds nus de latinos dans l’arrière-train y tes chevilles sont broutées par los perros paria alors adios amigo– hasta luego. Fin de flipper flippant. La roue tourne. »

Le fait que son Consul de papa n’ait jamais précédemment jamais fait la moindre allusion à lui, son fils copie qu’on forme ou presque, ne contredit en rien le jeu de billards de queue l’une pousse l’autre cachait celle de derrière se débaroule maintenant devant. Au contraire comme tu vois. Alors on lui dit : « Grave tes dents dans la poussière chiquito mio grave encore. Demande à la poussière gerbeuse. Demande mi-taiseux mi-raleux mi-rateux – mi-glorieux fils de… »

Hi plus loin l’autre man – second frangin tiré de la boîte à boules déboule à fond de ballon poor lonesome Mississipi boy sous la lune sa sœur d’arbre et de forêt culotte souillée – elle sent l’humus et les soleils rouges des miroirs incendiaires – devant ses billes oculaires enflammées (à lui pas à elle même si parfois on ne sait plus) se balance le chœur des nègres verticalement encordés. Lui aussi son cavalero picole. Pourquoi faut-il tous qu’ils s’assaisonnent tant ? – ils ont les foies ?- un truc qui les lâche pas ?– l’histoire dit jamais tout à fait. Tu t’approches tu regardes tu vois bien les billes de feu que lâche le train quand il rote sa suie ces cendres sa vapeur sa fumée plus bas dans la vallée qui fait que passer.

Moiteurs déboule de gomme princesses – seigneur – va falloir que je referme la boîte à brille saumon des fêtes dépassées mais pas avant un dernier détour par un passage le plus préféré de mon mieux. Chacun dans les us on dit – période de guirlandes sapin – aimablez – vous les uns ! festoyez – vous les autres ! Lui te regarde d’un sans façon puis très peu pour moi je préfère ne pas. Boulez .cesses .eurs !

 

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Ville (microscopiques d’hivers II)

Là-bas

 

à froide et dormante saison

pas à pas sur les vieux toits d’écorces

tirant des bords de rouge d’ocre de feu

 

une ombre rugueuse allonge son frisson de bleu

 

La ville au loin

essaim d’attente serrée et noire

creusée à la pointe du calame

 

Un arbre seul pousse ses griffes

 

Là-bas

saison dévorante

et nue

 

je le sais

entre tes pierres

l’eau glacée farde ses paupières

éclats de lumière et

poudre de nuit

 

Nous marcherons entre silhouettes légères

et clairs babils.

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Photo Françoise Durif

A. Giovani da Punto 8 – flash ! – back ?

A. Giovani zieute de biais (1) pour ainsi dire en catimini et en direction de l’enveloppe rectangulaire rouge carmin posée sur son bureau. Dessus la flamme vibrante de la Société des Gens de l’Etre. Il en connaît suffisamment les codes et sait que le rouge vaut pour réprimande de niveau 2 – soit avant-dernière sommation avant la noire tchao bye bye. Black-list – oubliette profonde et définitive – pile le truc qui lui remue les tripes car c’est pas son moindre défaut ce besoin atavique qu’il conserve d’être enfin reconnu.

Pas comme l’autre matin quand il portait dans la rue son enveloppe à lui – la kraft marron grand format – un feuillet qu’il s’était refusé à plier – sa réponse à la proposition houleuse de micro-fiction. Entre les façades oblitérées de fenêtres claires et amoureuses de la vie ça carillonnait gai ! – des inconnus légers venaient lui taper sur l’épaule, lui prenaient le bras en chaleureuse appréciation et connivence facile – l’air devenu diaphane. A. Giovani – le monde – en plein accord – jour bleu-soleil de celui levé – bougé – sorti tôt comme l’oiseau qui gobe l’unique vers. (2).

A. Giovani lit. Bla bla bla les d’usage jusqu’à : …en tout état de cause nous ne pouvons accepter votre recours à l’accolade horizontale pour dépeindre « la bouche aux plis désolés répandus en cascades d’amertume » que vous attribuez à vos fébriles personnages. Votre utilisation inappropriée de métaphores négatives porte gravement atteinte aux signes et symboles, ainsi qu’au moral de nos concitoyens, et conséquemment nous saisit de livide indignation. Nous refusons fermement de concéder le moindre résidu d’existence à votre univers totalement maladif et avons de facto – comme notre règlement que vous avez rigoureusement signé nous y autorise – incinéré prompto et radicalement tout à la fois encre et feuillet. Dans l’éventualité (que nous souhaitons improbable) d’envois ultérieurs veuillez vous reporter prioritairement et scrupuleusement aux instructions, en particulier l’essentiel paragraphe 2 et alinéas subséquents concernant : « de l’art créatif en sa conformité avec les bonnes mœurs, l’édification, et de l’attendu absolument. »

A. Giovani soupire – rendu aux circonvolutions et formes confuses et lentes dans les nuages de l’esprit – aux images travesties à dénicher dans les feuillages touffus des livres pour enfants.

 

  1. L’autre jour A. Giovani s’en faisait stupéfait la remarque inopinée – ce regard du mini-félin jusqu’à l’indécidable. Dans la sinueuse marbrure du pelage sombre il ne savait trancher : l’œil-pupille obscur qui le guettait du coin était – il ouvert ou bien fermé ? Vision ou rémanence ? Faille béante dans le réel – lèvres de crevasse immuable ? Hallucination ?
  2. Il l’a constaté à plusieurs reprises maintenant – la rue et ses tableaux se déforment et enlacent étroitement ses humeurs. L’homme solitaire et endeuillé – au long pardessus et parapluie entre les façades vert de gris s’est évanoui – à cédé place à deux parfois trois visages pâles anguleux et superposés, orbites creusées, comme de ces statues plantées sur une île. (Taches blêmes et indifférentes – flottant à l’aérien de la ruelle sur un fil tendu invisible entre les vieux immeubles penchés.)

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